A la une

SERVICE NATIONAL UNIVERSEL : TOUS CONCERNÉS

Rédigé par Gabriellex

Chaque année en France environ 780 000 lycéens se font recenser et participent à une JDC (Journée de Défense et de Citoyenneté) dans un centre du service national à proximité de chez eux. Seulement, ce chiffre est théorique car il est possible de ne pas se rendre à sa JDC. Le certificat de participation qu’on y reçoit est obligatoire pour passer un examen public (baccalauréat, CAP, permis de conduire, etc), mais 4% des jeunes n’y assistent quand même pas. Le taux d’absentéisme est variable selon les régions, il dépasse les 12% (!) en région parisienne. Et selon un rapport de la Cour des Comptes datant de 2016, l’absentéisme n’est pas le seul problème de l’actuelle JDC. Par conséquent, fidèlement aux projets de campagne d’Emmanuel Macron, la JDC va être remplacée par le SNU (Service National Universel). Le projet a été rendu public lors d’un Conseil des ministres en juin 2018. Plusieurs consultations publiques ont eu lieu en septembre et octobre, en ce moment un groupe de travail composé de sept membres est chargé de réfléchir à la mise place du SNU. Une première génération de lycéens devrait expérimenter ce nouveau dispositif en juin 2019 (« quelques centaines, voire milliers de jeunes » participant sur la base du volontariat). Gabriel Attal, secrétaire d’Etat chargé de la mise en place du SNU, déclare que le gouvernement « veillera à ce qu’ils [les volontaires] soient représentatifs de la jeunesse française ». Seriez-vous volontaire pour participer à cette expérience ? Lisez l’article du Camillien pour le savoir !

ALORS LE SNU, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Pour l’instant le SNU est un projet, donc en évolution, dont une grande partie est encore floue. Cependant certains points sont déjà acquis : le SNU sera composé de trois parties. La première durera deux semaines et se déroulera obligatoirement en internat. Selon le dernier rapport du gouvernement, ce sera pour les jeunes « l’occasion de s’éloigner de leur cadre quotidien » et ainsi de brasser les populations de différentes régions et de différents milieux sociaux. La seconde partie durera aussi deux semaines, et sera dédiée à un engagement concret. L’internat n’y sera pas obligatoire. On sait déjà que quinze jours se dérouleront sur des temps scolaires, et les quinze autres pendant des vacances. Donc les lycéens devront planifier leurs projets personnels et scolaires en fonction de cette contrainte. Après le premier mois de service obligatoire, les jeunes de 16 à 25 ans pourront choisir de s’engager dans une troisième partie de trois mois au minimum, dans un domaine choisi (aide sociale, protection du territoire, protection de l’environnement, etc). Cette troisième phase pourra prendre des formes diversifiées, par exemple le Service civique sera sûrement intégré dans le dispositif du SNU. Pour encourager les jeunes à s’investir dans la vie du pays et à vivre leur citoyenneté, les participants à cette troisième partie devraient avoir des avantages. Gabriel Attal a récemment précisé que les acteurs du projet sont « en pleine réflexion pour valoriser cet engagement auprès de l’enseignement supérieur ». Donc peut-être que la troisième partie sera un moyen de se démarquer dans ses études… Pour le reste – c’est à dire le contenu précis, le choix des encadrants, le budget, les modalités d’hébergements, etc – le groupe de travail est en pleine réflexion. Des pistes ont déjà été rendues publiques, mais rien n’est officiellement décidé. L’objectif du gouvernement est de rendre le SNU progressivement universel, avec 50% de jeunes participant à ce dispositif en 2022, puis 100% de la tranche d’âge participant en 2026 au plus tard.

dessinSNU

EST-CE QU’ON EST EN TRAIN DE VOIR LE RETOUR DU SERVICE NATIONAL EN FRANCE ?

Non, le SNU ne sera pas un nouveau service militaire. La formation ne comportera pas uniquement des aspects militaires, loin de là (→ plus de détails dans « Les jeunes donnent leur avis »). Le gouvernement met en valeur « la culture de l’engagement » et la citoyenneté. L’objectif est de former les jeunes citoyens à la vie en collectivité, au contact d’autres jeunes venus de milieux sociaux très divers et de professionnels ou bénévoles agissant quotidiennement pour le bien commun. Selon le gouvernement, ce dispositif servira à mettre en valeur toutes formes d’engagement. Cependant, un des trois objectifs principaux du SNU sera de faire « prendre conscience à chaque génération des enjeux de la défense et de la sécurité nationale » (site officiel du gouvernement). Le groupe de travail réfléchissant aux modalités du SNU est dirigé par Daniel Ménaouine, général de corps d’armée, donc un militaire. Et sur le site officiel du gouvernement, à la page dédiée au SNU, on peut lire que « chaque jeune sera encouragé […] à poursuivre volontairement une période d’engagement d’une durée d’au moins trois mois ». Les domaines d’engagement sont variés… Mais seules les options « liées à la défense et la sécurité » sont détaillées. En bilan, on constate que le patriotisme et la Défense sont un axe important de ce projet, ce qui constitue un point commun de taille entre le nouveau SNU et l’ancien Service militaire. Mais les différents domaines d’engagement possibles différencient bien le SNU d’un Service militaire.

 

LES JEUNES DONNENT LEUR AVIS

Dès début 2018, lors de l’annonce du projet de créer le Service National Universel, les jeunes ont donné leurs avis de différentes manières. Les premières réactions ont été largement hostiles. Des syndicats étudiants (notamment l’UNEF) et des réseaux d’associations étudiantes (par exemple Animafac) se sont prononcés contre le caractère obligatoire de ce dispositif, dénonçant un projet « infantilisant », qui pourrait « braquer la jeunesse » en dénaturant le principe même d’engagement, qui est le volontariat. La volonté de développer la citoyenneté des jeunes a offusqué certains milieux étudiants, déjà très investis dans les syndicats et les associations pour défendre la justice sociale, l’écologie, et d’autres causes. Depuis ces réactions peu avenantes, le gouvernement a organisé en septembre et octobre 2018 des sessions de consultation de la jeunesse, dans lesquelles les membres du groupe de travail et d’autres personnalités politiques, comme Gabriel Attal, se sont déplacé pour rencontrer les jeunes et débattre avec eux des intérêts et modalités du futur SNU. Et en parallèle un sondage en ligne a permis à tous les jeunes qui le souhaitaient de donner leur avis sur le sujet. Il permettait notamment d’indiquer quels domaines de formation leur paraissaient les plus intéressants. Rendus publics la semaine dernière, les résultats de ce sondage sont plutôt encourageants pour le gouvernement : seulement 25% des jeunes interrogés se sont déclarés formellement opposés à ce projet. 34% des jeunes sont curieux de connaître son évolution, et 75% pensent qu’il y a au moins une part d’éléments bénéfiques dans le projet. Ce rapport nous apprend aussi que les formations les plus demandées sont les suivantes : premièrement apprendre à réagir intelligemment en cas d’attaque terroriste, deuxièmement apprendre à s’investir concrètement dans la cause écologique. Il est donc très probable que ces deux sujets tiennent chacun une place importante dans le SNU. 64% des votants ont également exprimé leur intérêt pour un bilan de santé complet lors de leur séjour dans un centre de formation.

Maintenant il est difficile de prédire la tournure que prendra le SNU, car de nombreux détails déterminants ne sont pas fixés. Au micro de RTL, Gabriel Attal a déclaré « Les jeunes auront envie de le faire ». Seuls l’avenir et les retours d’expériences nous diront si le secrétaire d’Etat avait vu juste, ou s’il était trop optimiste…

 

Publicités

LES PREMIERS DES SECONDES

Ça y est, la génération des 2003 débarque au lycée : timides et appréhensifs selon les professeurs, surexcités voire agaçants pour les anciens, il y en a qui ont cependant su dès le premier jour conclure leur rentrée avec une petite victoire. Effectivement, les 2ndes 6 et 9 sont les deux classes gagnantes du jeu qui a opposé les neuf autres classes. Un jeu, conçu par les CPE et les élèves bénévoles qui consiste à remplir le mieux possible un quiz portant sur les différents clubs du lycée. Bravo aux vainqueurs !

41379647_416554068872599_1076365280218710016_n

La 2nde 9 !

SECONDE 6.jpg

La 2nd 6 !

Évidemment, leur récompense n’est pas tant extraordinaire (si ce n’est d’apparaître ici…), mais elle offre aux deux classes ex-aequo un bon départ, de bonnes bases pour l’année ! Ce jeu avait en effet pour but de créer l’entraide et l’esprit d’équipe, valeurs indispensables dans une classe : ce qui n’empêchera pas néanmoins les incontournables querelles et crêpages de chignons en milieu d’année…

Quel programme ? Le 3 septembre au matin, chaque élève rejoint sa classe et fait la rencontre de son professeur principal (avec lequel il faudra s’entendre jusqu’au bout de l’année…). Distribution des emplois du temps et des papiers administratifs, les élèves bénévoles (1ères et Term de cette année) leur font ensuite la visite du lycée, jusqu’à les emmener à ce que leurs estomacs réclamaient plus ou moins silencieusement depuis quelques heures déjà : autrement dit au self ! S’étant restaurés, les nouveaux élèves ont eu ensuite la liberté de déambuler parmi les différents stands des clubs du lycée : BIA, chinois, cinéma, citoyenneté, CVL, journal, MDL, musique (qui avait pour l’occasion d’ailleurs organisé un petit concert) ! Chacun des stands a eu l’occasion de se présenter aux secondes (pour ceux qui n’étaient pas obnubilés par les questions du quiz). Pour notre part, le journal a pu se documenter auprès des élèves sur leurs impressions sur cette journée d’intégration. Outre ceux qui nous partageaient les joies du T-shirt blanc de Stensy, et les nostalgiques de ces grandes vacances « Cet été il était trop bizarre c’est fouuu ! », la majorité d’entre eux ont trouvé la « journée sympathique » ou ont bien « rencontré des gens fabuleux ». D’autres enfin se sentaient inspirés, ou juste pressés d’aller en cours d’anglais : « I used to live there before I knew you ».

Sous une autre forme, notre dessinateur a lui aussi saisi les personnes qui passaient au-devant de notre stand (bénévoles, secondes, ou simples futurs terminales qui venaient au lycée un jour en avance, sans doute que celui-ci leur manquait trop).

portraits-eric.jpg

Enfin, l’après-midi fût tout aussi chargée. Entre activité de jeux de société dans la salle polyvalente, speed-dating (technique d’approche pratique en cas de coups de foudre d’un/e joli/e camarade) et activités physiques au gymnase, les secondes n’ont pas chômé (c’est un peu le but de l’École en même temps…). Mais heureusement à 16h30, tout était fini : les secondes étaient enfin délivrés, le temps d’une nuit cependant. Car le lendemain, la logique infernale des cours reprenait, et pas seulement pour les secondes ! Les anciens avaient aussi le droit à cette joie, à 8h pile, sans cérémonies, sans concerts ni speed-datings. Mais cette routine qui revenait les empêchait-ils d’être moins stressés que leurs homologues en seconde ? C’est ce que nous sommes allés vérifier, grâce à Mathieu Pitaud en TS4, qui a bien accepté de répondre à nos questions. Effectivement, celui-ci nous avoue, en perspective du parcours du combattant qu’est Parcoursup, qu’il stresse davantage pour son avenir post-bac que pour la rentrée : « Je me dis qu’il faut que j’ai un bon bulletin pour être accepté où je veux ». Même si Mathieu souhaite naturellement un bon emploi du temps, en adéquation avec ceux de ses amis : « L’emploi du temps de mes rêves, c’est que j’ai beaucoup d’heures de pauses en commun avec mes potes », et la rencontre de nouvelles personnes dans sa classe : « J’ai envie de connaître d’autres gens je veux pas rester avec la même classe ». Enfin, dernier souhait de Mathieu : « un bon prof de maths et de physique » ; chose non négligeable lorsque l’énorme bac S nous attend pour la fin de l’année !

Marina BONY

L’ANNÉE EN CHIFFRES

930 heures théoriques travaillées par un élève sans option sur toute l’année scolaire, 2 concerts du club de musique, 199 professeurs (lycée et prépa confondus), 1200 euros reversés au Téléthon grâce à vous, 600 exemplaires du Camillien parus, 25 délégués qui ont assisté à une formation, 1534 élèves dans l’établissement (encore lycée et prépa mélangés), 350 élèves ont emprunté à eux seuls 1430 livres depuis le 1er septembre, et 1/3 de la communauté lycéenne a emprunté au moins 1 livre cette année, 10 classes de Première ont assisté à une action de la Réserve Citoyenne sur la discrimination et les préjugés, 177 sweats du lycée achetés (ils ont d’ailleurs été commandés récemment, tenez-vous prêts !), une augmentation de 43% de l’effectif de l’équipe du Camillien depuis la 1ère réunion, 3 élèves désignés « ambassadeur contre le harcèlement scolaire », 70 internes lycéens, 8 élèves de Seconde qui ont défendu le lycée le 16 mai lors d’un rallye-citoyenneté (et nous sommes le seul lycée d’enseignement général de Poitiers représenté !), 1425 vus sur le blog du journal à ce jour, 9 surveillants au total, 150 kg de nourriture gaspillés par repas du midi au self, 4 volontaires au Service Civique présents dans le lycée…

Justine

Parcoursup’er expliqué

La semaine dernière, la plateforme Parcoursup, destinée à accueillir les vœux de tous les lycéens de France ouvrait, remplaçant APB. Vous avez sans doute entendu parler de son« bug »  l’été dernier, qui avait laissé  plus de 80 000 bacheliers sans place à la mi-juillet.

Ce qui c’est passé l’été dernier était surtout la démonstration d’un système à bout de souffle. Trop peu de places en université pour des bacheliers de plus en plus nombreux à faire des études et trop peu d’informations sur ce que nous pouvions faire après notre bac, bref un système d’orientation loin d’être parfait.

(suite…)